
Un exemple est le meilleur moyen de répondre à cette question. La durée joue un rôle déterminant, mais il ne faut pas non plus sous-estimer l’effort d’épargne.
Au fil de la carrière, il devient peut-être plus facile d’accélérer l’effort d’épargne retraite, en augmentant ses cotisations ou en effectuant des versements complémentaires. Beaucoup d’épargnants ouvrent en effet symboliquement un support de retraite par capitalisation, sans songer à le réévaluer en cours de carrière, et ont le sentiment d’avoir réglé leur problème de retraite… c’est une erreur !
En 2019, l’encours moyen des contrats Retraite Madelin, véritable grand frère du PER, s’élevait en phase de liquidation à 42 600 € (capital constitué, destiné à être transformé en rente) : dans la majorité des cas, c’est très insuffisant pour obtenir une retraite complémentaire convenable.
DR VIDAL 30 ans 1 enfant Pacsé
Propriétaire de sa résidence principale depuis 1 an
BNC 100 000 €
Impôt sur le revenu 7 000 € (taux marginal imposition 30%)
Il met en place une retraite PER de 400 € par mois, réversible à 100 % au profit de son conjoint (son épouse ne travaille pas).
Économie annuelle d’impôt sur le revenu : 1 440 € (30 % de 4 000 €)
Support utilisé : Retraite 20 de Générali. Répartition : 50 % sur fonds en euros (hypothèse de rémunération : 2 %) et 50 % sur unités de compte (3 supports actions, hypothèse de rémunération : 5 %). Indexation annuelle des cotisations : 2 %.
Selon ces hypothèses, à 65 ans, le DR VIDAL percevrait une rente de 10 979 €, soit 915 € par mois brut de prélèvements sociaux (la rente étant ensuite revalorisée chaque année : à 70 ans, elle serait par exemple de 14 050 €). Cela relèverait sa retraite CARPV d’au moins un quart. Il pourrait aussi choisir un capital de 420 276 € (somme avant impôt sur le revenu et sur les plus-values).
Si le DR VIDAL décédait avant 65 ans, son épouse recevrait l’intégralité de la retraite prévue, les cotisations étant exonérées. S’il décédait avant son conjoint une fois à la retraite, celle-ci continuerait à toucher toute la rente. La réversion à 100 % est ici primordiale, car le conjoint n’a droit à aucune réversion au niveau de la CARPV. (Pacsés).
Devenu invalide en cours de carrière et dans l’impossibilité d’exercer sa profession, le DR VIDAL n’aurait plus à verser ses cotisations jusqu’à ses 65 ans, et percevrait ensuite sa retraite mensuelle de 915 € brut.
Sans revalorisation des cotisations, c’est-à-dire avec 400 € par mois pendant 35 ans (indexés de fait sur le plafond de la sécurité sociale), et en raisonnant en euros constants, la rente perçue par le DR VIDAL reposerait sur une base de 8 270 €, soit 689 € par mois, ou bien sur un capital de 316 576 € avant impôt.
Si le DR VIDAL commence son épargne retraite PER à 40 ans, il lui faudra, pour atteindre la même retraite (soit 915 € par mois avec une indexation des cotisations de 2 % par an), épargner 919 € par mois ; s’il débute à 45 ans, 1 088 € par mois… Le facteur temps est donc bien déterminant.